Depuis maintenant 155 ans, la marque Junghans traverse les époques avec un engagement indéfectible envers sa manufacture située au coeur de la Forêt Noire. C'est l'une des histoires les plus fascinantes et les plus mouvementées de l'industrie horlogère allemande. Vecteur de traditions, d'innovation, de qualité et de précision, l'entreprise traditionnelle de Schramberg est restée fidèle à son crédo : combiner une vision d'avenir à la recherche de précision. 

Histoire Montres Junghans

Une manufacture avec plus de 150 ans d’histoire



C'est en 1861 que l'histoire de Junghans a débuté. Fondée par Erhard Junghans et son beau-frère Jakob Zeller-Tobler à Schramberg, une petite bourgade riche en tradition où la marque a toujours son siège, la société s'engage dès ses débuts à produire des garde-temps à la qualité optimale avec une précision sans compromis. Si dans un premier temps elle se spécialise dans la conception de pièces destinées à la production de montres, les premières montres de la manufacture ne voient le jour qu'en 1866. En 1876, son premier mouvement manufacture dédié au réveil n°10 est dévoilé. Dans les années 1880, la manufacture devient la plus importante de l'Empire allemand avec près de 1000 employés attelés à la production. Mais ce n'est qu'en 1890 que la marque telle que nous la connaissons aujourd'hui (l'étoile à 8 branches) est enregistrée. La course aux brevets et aux procédures prend alors son cours, ce qui lui permettra à terme de bénéficier d'avantages concurrentiels immenses en termes de qualité et de fabrication.

Manufacture Junghans

La montre allemande entre tradition et modernité



Très vite, Junghans devient l'incarnation des montres accessibles. Lors de l'exposition Universelle de 1900 se tenant à Paris, c'est la consécration : la société remporte une médaille pour ses pendules et ses montres de poche. La notoriété de la marque à l'étoile commence à faire le tour du monde. Nous sommes en 1903, la manufacture allemande emploie plus de 3000 collaborateurs et vend près de 3 millions de montres par année. C'était alors la première manufacture horlogère au monde ! Se succèdent la première grande guerre puis la dépression, faisant muter la structure interne de la société. Les années 1930 marquent également une grande étape pour la construction de montres mécaniques, ainsi que la naissance des premiers modèles de la collection Meister, considérés comme les garde-temps les plus sophistiqués de la maison horlogère. En 1946, les premiers plans d'une montre-bracelet équipée d'un mouvement chronographe maison, le calibre J88, sont prêts, au même moment où la Bundeswehr (Force de défense fédérale, soit l'armée nationale de la République fédérale d'Allemagne) recherche des montres pour équiper ses pilotes d'aviation. Des exemplaires leurs sont envoyés et Junghans remporte le contrat. Cette montre sera proposée aux civils par la suite.

Calibre Junghans J88 Telemeter

Max Bill par Junghans



C'est en 1961 que l'une des plus belles réussites de Junghans a vu le jour. Après une première collaboration fructueuse en 1956 avec le célèbre designer Max Bill, ayant dessiné une pendule de cuisine stylisée, la manufacture allemande créé une ligne de montres inspirées du courant Bauhaus. Ce génie multidisciplinaire, architecte, peintre, sculpteur, designer, graphiste et homme politique réussissa mieux que quiconque à concrétiser l'essence même du mouvement qui posa les bases de l'arcitecture moderne. Pour l'époque, ces montres à la modernité hors-pair disposaient d'un boîtier parfaitement rond, d'un verre bombé, d'une lunette presque effacée ainsi qu'un cadran ultra-lisible. Ce fut un franc succès. Des lignes minimalistes qui font aujourd'hui encore les beaux jours de la marque. 

Montre Junghans Max Bill

Technologies et prouesses sportives



Pour couronner le tout, Junghans devient le chronométreur officiel des Jeux Olympiques de Munich en 1972. Un choix justifié par les nombreuses avancées technologiques de l'entreprise : haute précision, indicateurs acoustiques, électriques et visuels. En 1985, Junghans marque une autre étape fondamentale : l'invention d'un système radio-piloté, d'abord au sein d'une horloge. L'intérêt de cette innovation ? Une déviation d'une seule seconde pour un million d'années, du jamais vu. 5 ans plus tard, cette technologie est amincie pour rentrer au sein d'un boîtier de montre : la Junghans Mega 1. En 1993, cette même innovation repousse ses limites en combinant une alimentation solaire afin de toujours conserver une précision optimale. La Junghans Mega Solar voit alors le jour. Fort de son succès, la marque se voit rachetée par un conglomérat basé à Hong Kong qui décida de ne conserver que la division Mécanique de Précision. Une erreur qui marqua la fin d'une suite d'heureux événements. Passant d'environ 10,000 employés durant la guerre à seulement 90 en 2008, Junghans est en eaux troubles. Fort heureusement, l'année suivante, une nouvelle équipe de direction ainsi qu'un nouveau propriétaire, Dr. Hans-Jochem et son fils Hannes Steim, sauvent la société pour rapidement lui redonner son statut de première manufacture allemande de montres.

Junghans Mega 1