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LES COMPLICATIONS HORLOGÈRES À CONNAÎTRE

Tourbillon, chronographe à retour en vol ou « flyback », rattrapante, réserve de marche, GMT, répétition minutes, quantième perpétuel…autant de termes que vous avez croisé en lisant des caractéristiques techniques de montres ou dont vous avez entendu parler sans forcement savoir ce qu’il se cache derrière. Horel vous aide à y voir plus clair dans les complications horlogères.

LES MONTRES À COMPLICATIONS

La fonction principale d’une montre ou d’une horloge est bien évidemment de donner l’heure ! Mais les maîtres horlogers ont toujours cherché à améliorer la conception de leurs mouvements, que ce soit pour leur apporter une meilleure précision dans la mesure du temps, ou pour répondre à de nouveaux besoins des utilisateurs. Parmi les complications les plus connues et les plus utiles, citons par exemple l’affichage de la date ou le chronographe.

DES CHEFS-D'OEUVRE HORLOGERS

Dès le XVIIIème siècle, les horlogers ont développé des modules complémentaires qu’ils ont ajoutés à leurs mouvements de base afin de créer de nouvelles fonctionnalités. Et dès le début, une course à la complication s’est engagée. Les plus grandes maisons horlogères passent des années à développer et à mettre au point une complication dont le mécanisme peut compter plusieurs centaines de pièces. Ainsi en 1782, à la demande de la Reine Marie-Antoinette, la maison Breguet entame la conception d’une montre en or regroupant toutes les complications de l’époque, laquelle sera achevée en 1827, bien après sa mort.

LES PRINCIPALES COMPLICATIONS

Les différents progrès technologiques réalisés au siècle dernier dans le domaine de l’usinage de précision, la métrologie et la maîtrise de nouveaux matériaux, ont permis la conception et l’amélioration d’un grand nombre de complications, des plus utiles aux plus farfelues. À tel point qu’un débat existe pour savoir si certaines innovations relèvent de la  complication horlogère, ou plutôt d’un exercice de style. Officiellement en horlogerie, on appelle complication toute fonction autre que l’affichage des heures, minutes et secondes. Pour autant, des mécanismes tels que le tourbillon ou le remontage automatique, qui n’apportent pas une nouvelle fonction à la lecture de l’heure, sont considérés comme des complications. Dur de s’y retrouver ? Focalisons-nous sur les complications qu’il faut absolument connaitre :

LE TOURBILLON

Le tourbillon fut inventé par Abraham-Louis Breguet en 1801, afin d’améliorer la précision des mouvements mécaniques. Sous l’effet de la gravité, la marche d’une montre diffère selon la position verticale dans laquelle elle se trouve. Ce phénomène est dû au déséquilibre du balancier. Le tourbillon impose une rotation d’un tour par minute à l’ensemble balancier-échappement pour lui faire prendre toutes les positions verticales possibles, afin d’obtenir une marche moyenne dite « d’équilibre ». Malgré sa prouesse, ce système est écrié par les experts qui estiment que les mouvements désordonnés du porteur de la montre créent le même effet.

LA RÉSERVE DE MARCHE

Tous les mouvements mécaniques fonctionnent sur le même principe : lors du remontage, le barillet emmagasine de l’énergie en comprimant un ressort en spiral, puis la restitue de façon progressive pour faire fonctionner la montre. La majorité des mouvements ont une autonomie de 40 heures environ, mais les plus performants peuvent dépasser 30 jours. Cette autonomie est appelée réserve de marche en horlogerie. La complication du même nom permet de convertir l’énergie restante dans le barillet en heures ou en jours et de l’afficher sur le cadran ou au dos du boitier au moyen d’une aiguille, d’un disque ou d’un curseur.

LE GMT

GMT signifie Greenwich Mean Time, soit en français heure moyenne de Greenwich. C’est au XIXème siècle que l’ingénieur et géographe Sandford Flemming, s’appuyant sur les travaux du mathématicien Quirico Filopanti, proposa de découper le globe en 24 fuseaux horaires, le méridien de Greenwich servant de référence comme origine des temps. À partir de la Seconde Guerre Mondiale, les horlogers ont mis au point de nouvelles montres permettant à leurs utilisateurs de connaitre l’heure GMT (sur 24h) dans différents endroits du globe de façon simultanée, par l’ajout d’une seconde aiguille des heures, réglable séparément.

LE CHRONOGRAPHE

La fonction chronographe permet de mesurer précisément la durée d’un évènement. La lecture se fait au moyen de la trotteuse pour les secondes, et de deux cadrans supplémentaires indiquant les minutes et les heures écoulées. Le plus souvent un poussoir situé à 2 heures permet de lancer et d’arrêter la mesure, un second poussoir situé à 4 heures permettant la remise à zéro. On confond souvent chronographe et chronomètre, mais ce dernier terme désigne en fait un mouvement dont la précision et la fiabilité ont été certifiées par un organisme indépendant, le COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres).

LE CHRONOGRAPHE "FLYBACK"

La fonction Flyback, ou retour en vol en français, a été inventée en 1936 par Longines pour aider à la navigation aérienne. Pour suivre un plan de vol, il faut chronométrer de façon précise la durée de vol entre deux changements de cap. La manipulation d’un chronographe classique pour enchainer deux mesures prend du temps et n’est pas très aisée, notamment avec des gants (deux poussoirs à actionner pour réaliser stop – remise à zéro – départ). La complication Flyback permet, par une seule pression sur le poussoir de remise à zéro, de réinitialiser le chronographe et de lancer instantanément une nouvelle mesure.

LE CHRONOGRAPHE "RATTRAPANTE"

Cette complication permet la mesure de temps intermédiaires ou de deux évènements parallèles de durée différente, comme dans le cas d’une course avec plusieurs concurrents. La rattrapante est une deuxième aiguille des secondes parfaitement superposée à la première. Une pression sur le poussoir à deux heures déclenche le chronographe, les deux aiguilles restent synchronisées. Maintenant, si l’utilisateur appuie sur le poussoir situé à dix heures lié à la fonction rattrapante, une aiguille s’arrête, l’autre continue seule son chemin. Lorsque le temps est relevé, l'utilisateur appui de nouveau sur le poussoir, l’aiguille qui s’était arrêtée rattrape l’autre, d’où le nom de cette complication.

LE QUANTIÈME PERPÉTUEL

En horlogerie, le quantième correspond à l’affichage de la date, de 1 à 31 selon le mois. Cette fonction très répandue nécessite un réglage manuel dès lors que le mois comporte moins de 31 jours. Le quantième perpétuel est une complication entièrement mécanique qui permet l’affichage de la date en tenant compte des mois à 31, 30 ou 28 jours, et même des années bissextiles, sans aucune intervention de l’utilisateur. Le plus souvent un quantième perpétuel propose en plus de l’affichage de la date, l’affichage du jour, du mois, de l’année et des phases de lune. On parle alors de quantième perpétuel complet.

LA RÉPÉTITION MINUTES

La répétition minutes permet à une montre de sonner les heures, les quarts et les minutes, en actionnant un poussoir situé sur le coté gauche du boitier. Concrètement, deux petits marteaux viennent frapper contre des fils d’acier appelés timbres, et produisent un son grave par heure, un son aigu/son grave par quart, et un son aigu par minute. Par exemple, si la montre indique 8h37, vous entendrez 8 sons graves, 2 sons aigus/sons graves et 7 sons aigus. Née à la fin du XIXème siècle, avant l’usage généralisé de l’électricité, cette complication permettait de connaître l’heure dans le noir.

LES MONTRES LES PLUS COMPLIQUÉES DU MONDE

Pour une grande maison horlogère, fabriquer une montre dotée d’un grand nombre de complications est une preuve de son savoir-faire et une superbe carte de visite. On parle ici d’objets d’exception, de pièces uniques ou d'éditions ultra-limitées, dont les prix dépassent plusieurs centaines de milliers d’euros. À ce jour, la montre-bracelet la plus compliquée est signée Franck Muller. Son modèle Aeternitas Méga 4, achevé en 2009, comporte 1483 pièces et a demandé 5 ans de recherche et développement ; il regroupe 36 fonctions. Au rayon des montres de poche, c’est la maison Vacheron-Constantin, avec la référence 57260, qui détient la palme : 3 maîtres horlogers ont œuvré pendant huit ans pour présenter en 2015 ce modèle rassemblant 57 complications animées par plus de 2800 composants, couronnement de 260 ans d’excellence horlogère.

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