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LES MATÉRIAUX DES BOÎTIERS DE MONTRES

Les mouvements qui équipent les montres sont très sensibles aux chocs et aux agressions extérieures. Le boîtier est la principale protection de la montre. C’est également lui qui personnalise chaque modèle, de par sa forme et sa matière. On trouve aujourd’hui une grande variété de matériaux employés pour leur fabrication. Découvrez quels sont ceux principalement utilisés et leurs caractéristiques.

À CHAQUE BOÎTIER SA MATIÈRE

En général, le premier critère de choix pour une montre est son design. Et en matière de styles, tailles ou couleurs, on peut dire que l’industrie horlogère en offre pour tous les goûts. Sans conteste, le boîtier détermine l’identité de la montre, de par sa forme, mais également de par la matière choisie pour sa fabrication. Les progrès réalisés dans les techniques d’usinage et de moulage, ainsi que dans le domaine de la chimie, permettent de proposer aux consommateurs une palette très variée de matériaux, en fonction de leurs attentes en terme de design, de confort ou d’entretien, mais aussi en fonction de leur budget.

DU PLASTIQUE AU PLATINE : DES MATÉRIAUX TRÈS VARIÉS

Dresser une liste exhaustive des matériaux utilisés dans la confection des boitiers de montres est quasiment impossible. On peut cependant les classer dans trois catégories : les métaux alliés, les matières synthétiques et les matières naturelles. Mais entre les différents alliages existants et tous les types de polymères développés, les possibilités sont quasi-infinies. Cependant, une caractéristique demeure : la matière utilisée doit disposer d’une résistance mécanique et d’une résistance à l’usure suffisantes pour assurer la longévité de la montre et protéger le mouvement dans le temps. Découvrons les principaux matériaux employés par l’industrie horlogère.

ACIER

Alliage métallique constitué principalement de fer et de carbone, il existe beaucoup de variantes d’aciers, mais le plus utilisé pour les boîtiers de montres est l’acier 316L. Inoxydable, il a l’avantage d’être particulièrement robuste et de bien résister à l’usure. De plus, son prix reste abordable. Il pèse en revanche assez lourd. Certaines marques haut de gamme lui préfèrent l’acier 904L dont la teneur plus importante en chrome et en nickel le rend plus résistant à la corrosion. En revanche il est plus dur à usiner. L’acier peut aussi recevoir un traitement de surface type PVD ou un plaquage afin de modifier sa couleur.

OR

L’or est l’un des matériaux les moins sensibles à la corrosion. Plutôt mou, il est relativement facile à travailler. Dans le cas d’un boîtier de montre, il est allié avec d’autres métaux afin d’augmenter sa résistance mécanique. Qu’il soit Jaune, Blanc ou Rose, on retrouve dans chaque alliage au moins 75% d’or puisqu’il s’agit presque toujours de 18 carats. On trouve principalement des boîtiers or chez les grandes maisons horlogères car le coût du matériau limite son utilisation à des garde-temps aux prix élevés. Bien exploité, on obtient des boitiers d’une grande finesse. Dans le cas contraire, attention au côté « bling-bling » !

PLATINE

Le platine est très apprécié en bijouterie et en horlogerie pour sa résistance à l’abrasion et au ternissement. Plus clair et beaucoup plus brillant que l’argent ou l’or blanc, très résistant à la corrosion, c’est un métal dense, plus lourd que l’or ou l’acier. En général, l’alliage utilisé est du 950, c’est-à-dire 95% de platine et 5% de cuivre ou 5% d’iridium, mais il existe aussi du 900, du 850, voire du 600. Le platine est un métal très rare, dont la production annuelle est plus de dix fois inférieure à celle de l’or. Il est aujourd’hui considéré comme plus précieux que l’or, et son prix réserve son usage à des modèles de haute horlogerie.

BRONZE & LAITON

Ces deux alliages sont composés d’une majorité de cuivre. Ce dernier est allié avec de l’étain dans le cas du bronze, et avec du zinc dans le cas du Laiton. Ils disposent tous deux d’une bonne résistance mécanique et sont faciles à usiner. Mais l’intérêt principal de ces matériaux vient de leur oxydation naturelle au contact de l’air, dûe à la forte proportion de cuivre dans leur composition. Au fil du temps, une patine verte appelée « vert-de-gris » se forme de manière irrégulière sur le boîtier, apportant un coté « vintage » à la montre, et rendant chaque modèle unique.

TITANE

Le titane est un métal presque deux fois plus léger que l’acier, mais aussi résistant. Ses propriétés mécaniques, sa résistance à la corrosion, à l’érosion et au feu, ainsi que sa biocompatibilité en ont fait un matériau stratégique pour les secteurs aéronautique et aérospatial, ou encore biomédical. Il tend aujourd’hui à se démocratiser et on le retrouve dans l’industrie automobile ou dans certains articles de sport de haut niveau. D’un gris plus foncé que l’acier, sa seule faiblesse réside dans le fait qu’il soit sensible aux rayures, raison pour laquelle les marques horlogères lui font subir un traitement de surface durcissant.

CARBONE

Le carbone est un matériau issu de l’aéronautique et du spatial. Il est utilisé pour renforcer les matériaux composites en apportant une grande résistance mécanique pour un poids réduit : nez de navette spatiale, freins de Formule 1… Le carbone forgé, « poudre » de carbone moulée à haute pression, permet d’obtenir des pièces de formes complexes et originales. En horlogerie on l’utilise pour ses qualités mécaniques, mais c’est surtout au niveau esthétique que son effet marbré, satiné et doux au toucher est fortement apprécié. Chaque boîtier est unique, puisque les brins de carbone sont disposés de façon aléatoire dans le moule.

CÉRAMIQUE TECHNIQUE

On appelle céramique technique un matériau composé de substances inorganiques et non métalliques, de structure cristalline, qui durcit après action de la chaleur. Les objets en céramique technique possèdent une forte dureté et une résistance élevée à l’usure. Ils sont donc quasiment inrayables. La céramique technique est chimiquement inerte. Par conséquent, elle ne provoque aucune réaction avec la peau et peut être portée par toute personne allergique au métal ou ayant la peau sensible. Elle est en outre extrêmement légère et très agréable au toucher de par sa capacité à s’adapter presque instantanément à la température du corps

MATIÈRES PLASTIQUES

Assez résistantes et peu coûteuses, on retrouve les matières plastiques dans les montres d’entrée de gamme. Ces matériaux sont faciles à mettre en œuvre industriellement, que ce soit par moulage, extrusion ou usinage, permettant une production en masse. Elles ont contribué à la démocratisation de la montre-bracelet dans les années 70, concomitamment au développement des mouvements À quartz. Les progrès réalisés en chimie des polymères ont permis de créer une multitude de matériaux plastiques différents, offrant des possibilités quasi-illimitées quand à l’aspect, la couleur ou la forme des boîtiers de montres.

BOIS

Très tendance en ce moment, le bois est un matériau naturel disposant d’une bonne résistance mécanique. Bien que biodégradable, il peut résister très longtemps au pourrissement s’il est convenablement traité. Très facile à travailler, on trouve de plus en plus de marques artisanales ou semi-industrielles qui proposent des boîtiers bois très bien finis aux designs innovants. Ces montres sont idéales pour qui cherche un accessoire original et respectueux de l’environnement. De plus, chaque montre est unique, chaque création ayant sa propre couleur, en fonction de l’essence, du climat et du lieu d’où provient le bois.

ET LES MATÉRIAUX DE DEMAIN ?

Difficile d’imaginer les matériaux que l’on pourra retrouver dans le futur pour la fabrication des boîtiers de montres, tant les possibilités, en particulier dans le domaine des polymères, sont grandes. Le saphir, matière utilisée pour la confection des verres, a déjà été exploité en petite série par certaines marques horlogères afin de proposer un boitier entièrement transparent permettant d’admirer le mouvement sous tous les angles. De même, des montres en TYVEK, textile non-tissé composé de fibres de polyéthylène haute densité qui ressemble à du papier, ont récemment vue le jour. Il y a donc fort à parier que les équipes de recherche et développement de l’industrie horlogère continuent d’explorer de nouvelles pistes afin de nous surprendre, pour notre plus grand plaisir.

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