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LES FINITIONS DES BOÎTIERS DE MONTRES

Au-delà des matériaux ou du mouvement choisis, on reconnait la valeur d’une montre à la qualité des finitions apportées aux éléments qui la composent. Ainsi, en haute horlogerie, toutes les pièces reçoivent différents types de finitions haut de gamme visant à les mettre plus en valeur. Découvrons les différentes techniques utilisées pour magnifier l’élément central d’une montre : le boîtier.

LA FINITION CHOISIE POUR LE BOÎTIER DÉFINIT LE STYLE DE LA MONTRE

Les différentes techniques utilisées en horlogerie visent toutes à mettre en valeur les courbes et les arêtes du boîtier en jouant avec la lumière. En effet, selon le type de finitions, on va obtenir une surface brillante qui va réfléchir la lumière comme un miroir, ou au contraire une surface matte qui « capture » la lumière. Le mélange de plusieurs types de finitions donne du contraste permettant de magnifier la carrure du boîtier, souligner les cornes, ou rehausser la couronne et les poussoirs. On peut distinguer quatre types de finitions : le polissage, le satinage, le microbillage, et le traitement de surface PVD.

UNE FINITION ADAPTÉE À L'UTILISATUON DE SA MONTRE

Au quotidien, tout le monde n’utilise pas son « garde temps » dans les mêmes conditions. Certains ne portent leur montre qu’occasionnellement lors de soirées, alors que d’autres la garde au poignet même lorsqu’ils font du sport ou du bricolage. Selon le cas, le boîtier ne sera pas soumis aux mêmes contraintes, et traversera différemment les affres du temps. Il est donc très important de connaître le niveau de résistance aux rayures ou aux chocs des différentes finitions proposées, afin de concilier au mieux les critères esthétiques avec les contraintes d’usage. Un tour d’horizon des avantages et inconvénients des types de finitions s’impose pour faire le choix le plus adapté à ses besoins.

POLISSAGE

Dans les grandes maisons, le polissage s’effectue à la main et à la volée, c’est-à-dire sans appui, en utilisant des disques de différentes tailles, recouverts de pâte abrasive. Cette technique très difficile permet d’obtenir une surface douce et brillante. Ce travail méticuleux peut prendre plusieurs heures par boîtier. Les surfaces polies semblent à la fois pure et très raffinées, mais sont très fragiles : la moindre éraflure sera immédiatement visible, tout comme les traces de doigt. Cette finition n’est donc pas recommandée en cas d’usage intensif de la montre. Par contre, il est toujours possible de faire repolir le boîtier afin d’effacer les rayures.

SATINAGE

Dans les autres métiers utilisant le métal, on l’appelle finition brossée. En horlogerie, l’exécution étant bien plus fine, on parle de satinage. Cette technique consiste à napper une surface métallique d’un ensemble de rayures extrêmement fines et parallèles. On obtient une finition douce et soyeuse ainsi que des nuances de couleur subtiles qui mettent en valeur le design et les volumes de la montre. Le satinage est le pendant du polissage, une alternative matte et sophistiquée à la brillance des surfaces réfléchissantes. Par nature moins sensible aux microrayures, il s’adapte aux styles de vie actifs. Par contre, il sera difficile de rattraper une rayure profonde.

MICROBILLAGE

Le microbillage est une technique de finition au rendu granuleux. Il consiste à bombarder la surface du boîtier avec des petites billes de métal, chacune laissant des micro-creux qui, par leur nombre et leur densité, apparaissent réguliers. Il confère au boîtier un aspect mat qui étouffe la lumière. Cette technique est délicate, car il faut doser le bombardement pour ne pas endommager la pièce. Par ce traitement, on obtient un durcissement en surface du matériau, le rendant beaucoup moins sensibles aux éraflures. Pour certains, cette finition apparait comme trop grossière. Ils lui préfèrent le sablage qui permet d’obtenir une surface plus veloutée.

TRAITEMENT PVD

Le PVD (Physical Vapor Deposition) est un procédé qui permet de déposer un mince film de matière sur une pièce, par vaporisation sous vide. Par ce traitement de surface, on peut obtenir des boîtiers « teintées » en or rose, en or jaune ou encore en noir pour un prix abordable. C’est cette technique que l’on utilise pour appliquer le DLC (Diamond Like Carbon), revêtement de couleur gris foncé à noir possédant des propriétés de dureté et de résistance aux rayures tout à fait exceptionnelles. Attention toutefois, tous les traitements PVD n’ont pas la même qualité, et en cas de choc il arrive que le revêtement se décolle du boitier.

PEUT-ON ATTÉNUER DES RAYURES SUR LE BOÎTIER D'UNE MONTRE ?

On trouve dans le commerce des produits plus ou moins abrasifs permettant de lustrer ou de polir les rayures d’une montre. Mais il faut être extrêmement prudent, car le remède peut-être pire que le mal ! Ainsi, en fonction du type de finition du boitier, le polissage peut être désastreux. Dans le cas d’un traitement PVD, on risque par exemple d’enlever partiellement le revêtement, laissant apparaitre la couleur originelle du métal du boitier. Sur un revêtement satiné ou mat, même un simple lustrage est proscrit, car il rendra brillante la surface traitée. Pour le microbillage, le problème est identique : les surfaces lustrées ou polies deviendront brillantes, et leur rendu choquera par rapport au reste de la montre. On peut polir un boîtier satiné, mais il sera quasiment impossible de reproduire les fines rayures parallèles d’origine. Dans ce cas, mieux vaut se contenter de lustrer le boîtier avec du dentifrice et un chiffon doux.

Pour les boîtiers polis d’origine, on peut utiliser un chiffon imprégné de produits dédiés au polissage et à l’entretien des carrosseries automobiles. Il est également possible de faire appel à un professionnel qui pourra polir votre montre. Mais il ne faut pas oublier que l’action de polir revient à enlever de la matière, et qu’il ne faut donc pas y recourir trop souvent au risque de fragiliser l’ensemble. De plus, selon le niveau de compétence du polisseur, les arrêtes risquent d’être moins vives, les courbes moins marquées, et la montre sera comme défigurée. Au final, mieux vaut peut-être apprendre à vivre avec ces petites rayures, qui sont autant de cicatrices qui témoignent du vécu de la montre.

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